Nous avons appris la libération le 13 janvier 2010 de Jean-Bosco Talla, directeur de l’hebdomadaire privé Germinal. Celui-ci a été relâché de la prison de Kondengui, à Yaoundé, après s’être acquitté de l’amende qui lui avait été infligée, le 28 décembre dernier, pour "outrage au président de la République".
* Appel à la Solidarité pour la Libération du Journaliste Jean Bosco Talla
Jean Bosco Talla, Directeur de Publication de l’hebdomadaire camerounais Germinal qui avait été enlevé le 10 décembre à Yaoundé, par les forces répressives du régime Biya, a été condamné le 28 décembre à Yaoundé à un an de prison avec sursis pendant 3 ans, assorti d’une amende de 3,154 millions FCFA (soit environ 5000€) pour « outrage au président de la République »
Jean Bosco Talla n’ayant pas pu s’acquitter de cette somme sur place, juste après sa condamnation, a été ramené à la prison de Kodengui, où il est détenu dans des conditions très exécrables et dangereuses pour sa sécurité.
Le Comité International pour la Libération des Prisonniers Politiques au Cameroun (le Comité) et le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE) lancent un vibrant appel à la diaspora camerounaise et à tous les amis du Cameroun, pour qu’ils aident à sortir Jean Bosco Talla des prisons infectes de Paul Biya.
Le Comité et le CODE lancent l’opération « Freedom for JB Talla » qui consiste à mobiliser les 5000€ d’amende nécessaires pour la libération de ce valeureux journaliste, injustement condamné et emprisonné pour avoir correctement fait son travail.
Un Comité National pour la Libération de Jean Bosco Talla est en action au Cameroun et est composé de La fille du journaliste incarcéré, de Madame Maximilienne Ngo Mbè, Secrétaire Générale de PRODHOP et du Journaliste A. Gustave Azébazé de l’Union des Journalistes du Cameroun (UJC).
Nous suggérons que toute assistance soit directement envoyée à ce Comité qui peut être contacté à ces adresses :
Maximilienne Ngo MBE :
A. Gustave Azebazé Ndjouaka :
Pour le Comité International pour la Libération des
Prisonniers Politiques au Cameroun (le Comité),
Hugo Moudiki
Pour le Collectif des Organisations Démocratiques et
Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (le CODE),
Moise Essoh, Secrétaire Exécutif.
Tene Sop, Secrétaire à la communication
http://journalducameroun.com//article.php?aid=3619
Cameroun : Un an d’emprisonnement pour le journaliste Jean Bosco Talla Par Idriss Linge - 29/12/2009
Le directeur de publication du journal Germinal a été condamné par le tribunal de 1ère instance de Yaoundé
Le verdict a été rendu L’affaire avait été placée en délibérée pour le lundi 28 décembre 09 dernier. Le tribunal de première instance de Yaoundé déclare Jean Bosco Talla coupable d’outrage au président de la République et le condamne à un an d’emprisonnement avec sursis
avec trois ans de probation, selon une décision lue à l’issue de l’audience, et qui vient conclure du moins en première instance, un feuilleton judiciaire qui a débuté le 16 décembre dernier. L’avocat du directeur de Germinal, Me Jean-Marie Nouga, a indiqué que son client allait faire appel, soulignant que le tribunal "n’a pas pu établir" qu’il avait commis "une faute professionnelle". L’avocat estime par ailleurs que le sursis accordé à son client équivaut plus à une condamnation. Si en droit l’accord du sursis permet une liberté sous condition d’aller et venir du justiciable, les juges se montrent parfois vicieux et la transforme en privation de liberté. La justice l’a contraint à payer trois millions de FCFA d’amende à l’Etat du Cameroun et 154.000 FCFA de frais de justice. Reconduit en prison, il y restera s’il ne paie pas l’amende pendant la période de la contrainte par corps fixée à deux ans. Cela signifie pour lui qu’il court le risque de passer "deux années d’emprisonnement au moins". Son avocat a déclaré qu’il était dans l’incapacité de payer une telle somme. Les observateurs pensent que face à la pression des organisations de défense de la presse nationale et internationale, le gouvernement a voulu juste écarter « un gêneur » du débat d’opinions, en raison de ses positions parfois qualifiées de dures par les pro-gouvernementaux.
© Journalducameroun.com
Jean Bosco Talla
Il a repris pour critiquer des passages d’un livre controversé Le directeur de publication de l’hebdomadaire camerounais Germinal, arrêté le 10 décembre, et inculpé pour outrage au président de la République" avant de comparaître devant un tribunal de Yaoundé.il était reproché à Jean Bosco Talla la publication dans son journal de l’extrait d’un livre évoquant "un pacte secret" entre l’actuel président camerounais Paul Biya et son prédécesseur Ahmadou Ahidjo. Dans l’édition datée du 03 décembre 2009, l’hebdomadaire Germinal a consacré un dossier contenant des articles où il était fait mention d’une affaire obscure d’homosexualité au sommet de l’Etat. Le journal de Jean Bosco Talla, avec des détails précis, rapporte une version particulière des évènements ayant marqué la transition entre Ahmadou Ahidjo et son successeur constitutionnel, Paul Biya. Une version décrite par Eballe Amougou dans une publication parue à l’étranger et dont plusieurs copies sont sur le net.
Un procès vendetta ? Jean Bosco Talla s’est défendu de l’accusation d’outrage. Mais son récent passé ne l’a pas aidé dans cette affaire. Bien que son avocat aie tenté de démontrer qu’il a repris pour les réfuter les passages contestées, les autorités n’ont pas oublié et certainement ne lui ont pas excusé la dynamique qui avait été la sienne lors de la publication du rapport sur les biens mal acquis impliquant le chef de l’Etat. Pour certains experts du droit toutes les données de l’affaire n’ont pas été examinées, involontairement ou par ignorance. A l’article 306 alinéa 9 du code pénal dont l’application est faite pour toute infraction d’outrage, il est précisé que ne constitue aucune infraction : La critique d’une œuvre d’un spectacle, d’une opinion quelconque manifestée publiquement, à condition que la dite critique ne traduisent pas une animosité personnelle.Je dirais brièvement trois choses : d’abord, l’ouvrage de Eballe Angounou est en circulation sur le net, cela n’est pas de notre fait. De plus, au moment de prendre votre décision, M. le président, vous devrez vous poser la question suivante : votre décision encouragera-t-elle ou non le journalisme d’investigation ? Enfin, M. le président, au moment de prendre cette décision, ne perdez pas de vue ces propos de Paul Biya : désormais, au Cameroun, nul n’aura plus besoin de prendre le maquis pour exposer ses opinions. Traduction, nul ne doit plus être envoyé en prison pour ses opinionsrien dans une affaire de diffamation ne saurait justifier la détention d’un journaliste. a-t-il déclaré lorsque le juge lui a demandé un mot pour sa défense. ...
Plus d’info :
http://survie.org/francafrique/cameroun/article/menaces-a-l-encontre-de-jean-bosco
2 juillet 2009 par Acat-France, AEDH, CCFD, OPDDH, Sherpa, Survie, Tax Justice Network
Menaces à l’encontre de Jean Bosco Talla, journaliste camerounais
Appel à la vigilance quant à la situation des acteurs de la société civile camerounaise, suite à la publication du Rapport sur les Biens mal acquis du CCFD-Terre Solidaire
Nos organisations sont vivement préoccupées par les actes d’intimidation et de harcèlement dont est actuellement l’objet Jean Bosco Talla, directeur de publication du journal Germinal et ancien membre du comité de pilotage du Programme concerté pluri-acteur (PCPA).
Depuis samedi 27 juin 2009, deux individus en tenue civile rodent à proximité de son domicile. A deux reprises, ils sont venus sonner pour demander si le journaliste vivait bien à cette adresse. Dans la nuit du dimanche 28 juin, Jean Bosco Talla a reçu un appel téléphonique anonyme l’avertissant qu’il fallait qu’il s’attende à une « riposte ». Depuis lors, des individus, qui refusent de décliner leur identité, l’appellent et lui demandent où il se trouve. Hier, 1er juillet, il a reçu un sms anonyme le menaçant en ces termes : « de tte facon vtre cause et celle 2 vs comanditèr seront entendu dès lè prochin jrs » (1). Aujourd’hui, 2 juillet, les menaces se précisent : « cessez 2 de gesticuler la ou vs êtes si non vtre echeance sra ecourte » (2).
Plusieurs personnes, ont indiqué à Jean Bosco Talla qu’il y avait « des gens à ses trousses » au sein des services de l’Etat et l’ont incité à la prudence.
Ces actes d’intimidation et de harcèlement à l’encontre de Jean Bosco Talla font suite à la publication, du rapport du CCFD-Terre Solidaire « Biens mal acquis. A qui profite le crime ? », le 24 juin 2009, dont plusieurs pages sont consacrées au président camerounais Paul Biya et à sa famille.
Le rapport a fait grand bruit au Cameroun. Une partie de la presse a relayé les réactions virulentes du gouvernement et du Rassemblement démocratique du peuple Camerounais (RDPC) - parti au pouvoir - à l’encontre dudit rapport, du CCFD-Terre Solidaire et de ses partenaires au Cameroun, dont le journal Germinal.
Ces menaces s’inscrivent dans un contexte plus général de stigmatisation des journalistes indépendants, des défenseurs des droits de l’Homme et des syndicalistes qui dénoncent la corruption généralisée au sein des institutions publiques, les atteintes aux droits de l’Homme des forces de l’ordre et les dérives autoritaires du pouvoir en place.
Jean-Marc Bikoko, président de la centrale syndicale du secteur public (CSP) et coordinateur de la Plateforme d’information et d’action sur la dette du Cameroun, a également reçu des appels anonymes et a été averti que les renseignements généraux s’intéressaient de près à ses faits et gestes. Il est à craindre que d’autres organisations et personnes avec lesquelles le CCFD-Terre Solidaire entretient des relations au Cameroun ne soient également l’objet d’actes d’intimidation et de harcèlement.
Convaincus qu’une société civile indépendante et structurée est indispensable pour un développement équilibré du Cameroun, nous appelons les autorités camerounaises à : • veiller à ce qu’un terme soit mis à toute forme de menaces et de harcèlements à l’encontre de Jean Bosco Talla ; • garantir en toutes circonstances son intégrité physique et psychologique ainsi que celle des autres partenaires du CCFD-Terre Solidaire ; • ouvrir une enquête sur les menaces téléphoniques proférées à l’encontre de Jean Bosco Talla afin que leurs auteurs soient identifiés, et que des poursuites adéquates soient engagées à leur encontre conformément à loi.
(1) de toute façon votre cause et celle de vos commanditaires sera entendue dès les prochains jours ». (2) cesser de gesticuler là où vous êtes sinon votre échéance sera écourtée »
Organisations signataires : • Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) • Agir ensemble pour les droits de l’Homme (AEDH) • Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre Solidaire) • Observatoire pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme (programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et de l’Organisation mondiale contre la torture) - • Sherpa • Survie • Tax Justice Network
Contacts : • ACAT-France : Séverine Boyer : 01 40 40 74 10 • CCFD-Terre Solidaire : Véronique de La Martinière : 01 44 82 80 64 • FIDH : Gaël Grilhot / Karine Appy : 01 43 55 25 18 • OMCT : Delphine Reculeau : 0041 22 809 52 42
