Encore une super vidéo avec Olivier Thimonier, Secrétaire Général de Survie : (mise à jour le 28 mai 09)
O.Thimonier de Survie-Bongo-France24 le 21 mai 2009
envoyé par survie-media. - L’info video en direct.
6 militants de la société civile et journalistes sont emprisonnés depuis 6 jours au Gabon pour avoir dénoncé courageusement la corruption.
On a voulu profiter d’une lettre ouverte pour museler Grégory Gnbwa Mintsa (plaignant contre les Biens Mal Acquis), Marc Ona Esssangui et Georges Mpaga (plaignant contre le neveu du Président Bongo et Procureur de la République accusée devant la "Commission Mains Propres" pour faits de corruption.
« Nous avons cessé d’avoir peur » déclaraient-ils il n’y a pas si longtemps dans une lettre ouverte au président Bongo.
L’intimidation ne passera pas.
Paris et la diplomatie française vont devoir se prononcer sur cette affaire et cesser leur soutien aveugle au régime de Bongo.
Dans ce dossier, ci-dessous, les réactions et communiqués des organisations de la société civile, une revue de presse et des liens vers les sites des principaux acteurs concernées.
En savoir plus :
http://www.acteurslibres.org/
http://www.coalitionbma.org/
Billets d’Afrique et d’ailleurs - Novembre 2008 - Fin de règne et luttes de clan
Appel à l’Europe et à la France pour éviter une crise majeure au Gabon
LETTRE OUVERTE à Monsieur Hans-Gert Pöttering, Président du Parlement Européen, copies au Président de la République Française, aux Ministres, aux Sénateurs et aux Députés français, aux partis politiques français et aux groupes politiques du Parlement Européen, aux Institutions Internationales, aux médias
Bruno Ben Moubamba - 05/01/2009
Monsieur le Président,
Je m’appelle Bruno Ben-Moubamba et je vous ai rencontré au colloque du 10 octobre 2008 qui a eu lieu au Collège des Bernardins à Paris. Je m’exprime aujourd’hui en tant que porte-parole du réseau gabonais des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise. Une partie de ce réseau s’est associée aux plaintes concernant les Biens mal acquis en France par de hautes personnalités gabonaises et nous venons de porter plainte via trois associations locales contre un Procureur de la République véreux qui, s’abritant derrière sa qualité de neveu du Président gabonais, a commis d’importants délits de corruption et d’extorsion de fonds.
Malheureusement, la répression vient encore une fois de s’abattre sur les Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise. Le 31 décembre 2008, les forces de sécurité gabonaises ont arrêté simultanément plusieurs membres d’ONG (Georges Mpaga, président du Rolbg, Marc Ona, Coordonateur de PWYP Gabon et Président de Brainforest, etc.) et d’autres citoyens (Grégory Gbwa Mintsa, plaignant gabonais dans l’affaire des biens mal acquis, son frère, rédacteur en Chef de Tendance, un journal local, et Gaston Asséko, directeur technique de Radio Sainte Marie, une personne n’ayant rien à voir avec les Acteurs Libres). De plus, les bureaux de PWYP-Gabon et de l’ONG Brainforest ont été violemment saccagés et les ordinateurs volés.
Monsieur Omar Bongo Ondimba, qui se présente devant le monde entier comme un homme de paix, n’a pas hésité, en accord avec son fils Ali, prétendant affiché à la succession, à organiser une rafle d’une grande violence contre des citoyens innocents, n’ayant que leurs convictions à défendre. Il a utilisé pour cela son neveu Monsieur Bosco Alaba Fall, Procureur de la République, mentionné plus haut. Aucun mandat d’arrêt n’a été émis et ces arrestations sont donc totalement illégales.
Actuellement, Libreville s’éloigne dangereusement des valeurs universelles et se « birmanise ». Il faut éviter au Gabon que ne se renouvellent les tâtonnements qui ont déconnecté le Rwanda de l’espace franco-africain. La France et l’Europe ont le devoir d’exercer des pressions sur Mr Omar Bongo Ondimba pour permettre au Gabon d’entrer dans le XXIe siècle.
Aucun des responsables politiques actuels du Gabon n’est en mesure d’assurer une évolution positive de la relation franco-gabonaise. Mr Ali Bongo Ondimba, actuel ministre de la défense du Gabon, fils du Président et affichant des ambitions présidentielles démesurées, suscite un très fort rejet de la population ; comme la plupart des membres de l’entourage présidentiel. L’idée que la France adouberait une personnalité honnie par les Gabonais traumatise par avance le Peuple tout entier.
Monsieur le Président, nous vous supplions d’intercéder pour nous auprès du Président français Nicolas Sarkozy afin qu’il saisisse l’opportunité historique qui se présente aujourd’hui au Gabon pour inaugurer un Nouveau Cycle de Relations non seulement entre la France et l’Afrique mais aussi entre les africains et les européens.
Le cas du Président du Zimbabwe, contesté par les grandes démocraties, prouve à suffisance qu’il ne suffit pas d’être un Etat « souverain » pour assurer le bonheur des citoyens et s’exclure des conventions internationales, notamment celles contre la corruption. Mr François Mitterrand a marqué son époque en favorisant le multipartisme en Afrique francophone. Mr Nicolas Sarkozy peut aujourd’hui entrer dans l’Histoire des relations France-Afrique, en devenant le Président français de la bonne gouvernance.
Un tel projet rattraperait les erreurs tragiques du passé et marquerait le retour de la Politique entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Le moment est venu pour la France de lancer de nouvelles initiatives pour reconquérir le coeur blessé des africains francophones.
Nous appelons à l’aide toutes les forces démocratiques et en premier lieu la France et l’Europe : le Gabon peut devenir un modèle de bonne gouvernance pour toute l’Afrique francophone !
Le 8 décembre 2008, au nom des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise, j’ai adressé une lettre ouverte au Président gabonais, lui demandant des comptes sur la gestion financière du pays depuis 40 ans ( http://www.acteurslibres.org/pages/... ), et qui met en cause, en plus des diverses plaintes mentionnées plus haut, la mauvaise gestion de notre pays pourtant immensément riche. Ce document vous permettra de mesurer l’ampleur du pillage du Gabon, au détriment de son peuple.
En souhaitant que l’année 2009 voie enfin nos continents se rapprocher et converger vers de véritables intérêts communs, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président du Parlement Européen, nos respectueuses salutations.
Source : Acteurs libres de la Société civile gabonaise
Réactions et communiqués
Plusieurs journalistes et membres de la société civile détenus depuis une semaine, Reporters sans frontières dénonce un climat de peur
Reporters sans frontières - 7/01/2009
Reporters sans frontières exprime sa très profonde inquiétude après l’interpellation et la détention prolongée, au siège de la Police judiciaire (PJ) de Libreville, de deux journalistes et de plusieurs membres éminents de la société civile gabonaise. Tous sont détenus depuis une semaine, au-delà de la durée légale d’une garde à vue au Gabon, sans qu’aucun motif n’ait été fourni pour justifier leur arrestation. Ces derniers jours, plusieurs journalistes ont été convoqués et entendus à la PJ dans la même affaire. “Ce climat de peur, dont l’ampleur et la gravité sont sans précédent au Gabon depuis plusieurs années, est le signe qu’une traque est organisée par le chef de l’Etat contre ceux qui font preuve d’une curiosité trop grande sur des sujets tels que le patrimoine de la famille Bongo ou la gestion des fonds publics. La chasse aux journalistes doit immédiatement cesser et les détenus doivent être relâchés, puisqu’aucune charge n’est retenue contre eux”, a déclaré l’organisation.
Contrairement aux informations faisant état de la libération de Gaston Asseko, directeur technique de la radio Sainte-Marie, et de Léon Dieudonné Kougou, rédacteur en chef du bimensuel privé Tendance Gabon, Reporters sans frontières confirme le maintien en détention des deux journalistes. Le 30 décembre 2008, ils avaient été interpellés par les services de renseignement et conduits à la Police judiciaire pour y être gardés à vue. Opéré récemment, Gaston Asseko doit faire l’objet d’un suivi médical.
Bien qu’aucun motif n’a été publiquement fourni pour justifier leur arrestation, tout porte cependant à croire qu’il leur est reproché d’avoir participé, à Libreville, à une rencontre avec un représentant de Transparency International venu de Paris. Plus largement, les journalistes seraient inquiétés parce qu’ils reprennent les informations relatives à l’affaire des “biens mal acquis”, en référence à la plainte déposée par deux ONG françaises contre le chef de l’Etat gabonais Omar Bongo Odimba et les présidents congolais et équato-guinéen, pour “recel de détournement de fonds publics”.
Reporters sans frontières rappelle que, le 11 mars 2008, Tendance Gabon avait été suspendu pour une durée de trois mois après avoir reproduit un article du quotidien français Le Monde sur le luxueux patrimoine immobilier du président Omar Bongo en France.
Le 31 décembre, Gaston Asseko et Léon Dieudonné Kougou avaient été rejoints à la PJ par trois autres personnes, interpellées elles aussi. Il s’agit de Marc Ona Essangui, président de l’ONG Brainforest et porte-parole de la coalition Publiez ce que vous payez (PCQVP), Georges Mpaga, membre de la coalition et président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLGB), et Gregory Ngbwa Mintsa, citoyen gabonais, seul ressortissant africain à s’être porté partie civile aux côtés des ONG Transparency International France et Sherpa.
Le 2 janvier, Reporters sans frontières avait écrit au président gabonais pour l’enjoindre à fournir des explications sur la détention des journalistes et membres de la société civile, et lui demander de veiller à ce que leurs droits soient respectés. L’organisation n’avait pas reçu de réponse.
Source : Reporters Sans Frontière
ARRESTATION DE LEADERS CIVILS DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION - Après des heures d’interrogatoire et six jours de détention, incertitudes sur leur sort
Sherpa, Transparence-International, Publiez Ce Que Vous Payez, FIDH, OMCT, CCFD, ACAT, Amnesty International, Secours Catholique, Observatoire pour la protection des Défenseurs des Droits de l’Homme - 06/01/2009
Les 30 et 31 décembre 2008, cinq acteurs de la société civile gabonaise ont été arrêtés à Libreville par des agents des services de renseignement et conduits dans les locaux de la police judiciaire de la ville.
L’arrestation, sans fondement légal faute de mandat, de citoyens dont le dénominateur commun est l’engagement sur le thème de la bonne gouvernance et de la transparence financière est contraire à tous les engagements internationaux pris par le Gabon.
Gregory Ngbwa Mintsa, plaignant dans l’affaire des Biens Mal Acquis initiée en France1 ; - Marc Ona Essangui, Coordinateur pour le Gabon de la campagne « Publiez Ce Que Vous Payez » (PCQVP) qui milite pour une gestion transparente des revenus des industries extractives ;
Georges Mpaga, Président du Réseau des Organisations Libres de la Bonne Gouvernance au Gabon (ROLBG) ;
Dieudonné Koungou, journaliste au bimensuel privé Tendance Gabon ;
Gaston Asseko, Directeur technique de la radio Sainte-Marie appartenant à l’Eglise catholique.
Cela fait donc six jours qu’ils sont détenus sans avoir eu la possibilité de s’entretenir avec un avocat et alors même que l’on ne connaît toujours pas la nature des charges retenues à leur encontre. Selon les informations que nous avons reçues de proches des détenus, ils sont incarcérés dans des conditions très préoccupantes.
Le droit à la sûreté personnelle, la liberté d’expression et la liberté d’association constituent des droits fondamentaux de l’individu au sein de toute collectivité organisée. Ces droits sont proclamés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté en 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies et ratifié par le Gabon. La Constitution gabonaise garantit par ailleurs que nul ne peut être détenu arbitrairement. En outre, la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement son article 8.2 prévoit notamment « le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de soumettre aux organes et institutions de l’État, ainsi qu’aux organismes s’occupant des affaires publiques, des critiques et propositions touchant l’amélioration de leur fonctionnement, et de signaler tout aspect de leur travail qui risque d’entraver ou empêcher la promotion, la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ».
Les organisations signataires réitèrent leur demande de libération immédiate et inconditionnelle de Messieurs Gregory Ngbwa Mintsa, Marc Ona Essangui, Georges Mpaga, Dieudonné Koungou et Gaston Asseko. Elles en appellent à tous les acteurs de la communauté internationale pour que soit mis un terme aux persécutions exercées sur ces personnes. Le seul tort de ces hommes est de réclamer l’application au Gabon des règles de bonne gouvernance édictées par les institutions internationales auxquelles le pays adhère, c’est-à-dire la transparence et la probité dans la gestion des deniers publics.
1 Plainte déposée devant les juridictions françaises le 2 décembre 2008 contre trois chefs d’Etat, dont Monsieur Omar Bongo Ondimba, Président du Gabon, ainsi que les membres de leur entourage pour recel de détournement de fonds publics. 2 Selon leurs proches, Gregory Ngbwa Mintsa souffre d’oedèmes sur les membres inférieurs. Les autres sont détenus torses nus dans un sous-sol humide. Nous n’avons aucune garantie que Gaston Asseko prend correctement son traitement postopératoire. Les familles peuvent leur apporter à manger sans moyen de savoir si la nourriture arrive à destination.
Coup de filet contre les militants anti-corruption - Communiqué de Survie
- 06/12/2009
L’association Survie, extrêmement préoccupée par la nouvelle de l’arrestation de plusieurs représentants d’organisations de la société civile gabonaise dénonçant la corruption du régime d’Omar Bongo, tient à condamner cette tentative d’intimidation à leur égard et appelle les autorités gabonaises à procéder à leur libération immédiate.
D’après les informations relayées en fin de semaine dernière par des organisations françaises et africaines, les forces de sécurité gabonaises ont arrêté le mercredi 31 décembre 2008 Grégory Gbwa Mintsa, plaignant gabonais dans l’affaire des biens mal acquis en France par des chefs d’Etat africains (dont Omar Bongo), Marc Ona Essangui, Président de l’ONG Brainforest et coordonnateur de la coalition Publiez ce que vous Payez Gabon (relais local de la campagne mondiale éponyme pour la transparence des industries extractives) ainsi que Georges Mpaga, président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG). Les bureaux de Publiez ce que vous Payez Gabon et de l’ONG Brainforest ont été saccagés et les ordinateurs de ces organisations saisis. La veille, le mardi 30 décembre, Gaston Asseko, journaliste et directeur technique à Radio Sainte-Marie et Léon Dieudonné Koungou, du journal Tendance Gabon, avaient déjà été arrêtés suite à leur convocation au bureau des services de renseignements de l’armée gabonaise. Bruno Ben Moubamba, porte parole des Acteurs Libres de la Société Civile Gabonaise, qui a publié le 8 décembre 2008 une lettre ouverte demandant des comptes au Président Bongo sur sa gestion financière du pays, serait quant à lui activement recherché par les autorités gabonaises.
Les interpellés sont à ce jour toujours détenus dans les locaux de la police judiciaire gabonaise, sans qu’aucun motif n’ait été donné. L’état de santé de Grégory Gbwa Mintsa serait jugé préoccupant.
Survie condamne fermement cette opération coup de poing qui s’apparente à une tentative d’intimidation et à une prise d’otage dirigée contre des responsables de la société civile gabonaise qui ont eu le courage de lancer des initiatives citoyennes contre la corruption de leurs autorités, bravant ainsi un régime particulièrement répressif à l’encontre de ses adversaires.
L’organisation de ce coup de filet coordonné et le choix des cibles atteste de la fébrilité des autorités gabonaises, confrontées à une société civile de plus en plus lassée d’un régime figurant parmi les plus corrompus au monde et les moins à même d’assurer la prospérité de sa population, malgré des revenus pétroliers très confortables. Cette répression est à mettre en parallèle avec le harcèlement subi en 2007 par Brice Mackosso et Christian Mounzéo, responsables congolais de la campagne Publiez ce que vous Payez, victimes d’un harcèlement judiciaire instrumentalisé par le pouvoir de Denis Sassou Nguesso, qui se voyait lui aussi reprocher la gestion des revenus pétroliers de son pays.
Survie appelle à la libération immédiate des détenus et demande aux autorités françaises, d’habitude si promptes à réagir pour démêler les entourloupes diplomatiques franco-gabonaises (cf la visite de Claude Guéant et Alain Joyandet à Libreville en avril 2008 suite à l’enquête de la justice française sur les biens mal acquis du dictateur gabonais en France et à l’éviction de Jean-marie Bockel), de condamner fermement cette violation manifeste des droits de l’Homme dans ce pays présenté comme « ami » de la France.
Le mutisme des autorités françaises dans cette affaire serait une preuve supplémentaire du renoncement de notre pays à la défense des droits de l’Homme lorsque des intérêts stratégiques sont en jeu, renoncement clairement annoncé par Bernard Kouchner dans son allocution du 10 décembre 2008. L’absence de réaction du secrétariat d’Etat de Rama Yade constituerait quant à elle une nouvelle preuve à charge de l’inutilité d’une institution, qui n’a jamais émis le moindre positionnement sur les violations des droits de l’Homme commises dans les pays dominés par des dictateurs africains amis de la France.
Source : http://survie.org/GABON-Coup-de-fil...
Revue de presse
Meilleurs voeux de Bongo au Gabon : cinq opposants en prison
Rue 89 - 7 janvier 2009
(Lire l’article et les commentaires)
http://www.rue89.com/2009/01/07/mei...
Drôle de Libreville
Source : Le Canard Enchaîné
Grégory Ngwa Mintsa, partie civile dans cette plainte, Marc Ona (de l’association bien-nommé “Publiez ce que vous payez”), Georges Mpaga, Gaston Asséko et le journaliste Dieudonné Koungou arrêtés, le 31 décembre, étaient encore détenus le 6 janvier, sans mandat d’arrêt, dans des conditions très difficiles. Il leur est implicitement reproché de participer au dénigrement du Président et d’avoir indûment perçu de l’argent… de l’Union Européenne ! L’avocat parisien Thierry Lévy s’est proposé pour assurer leur défense.
Mais il va de soi que Sarko et Kouchner vont peser de tout leur poids pour faire libérer ces citoyens africains qui refusent que la France serve à recycler l’argent de la corruption.
La vengeance d’Omar Bongo
Le Canard Enchaîné - 07/01/2009
Le meilleur ami africain de Sarko - le président gabonais Omar Bongo - a de belles manières. Il vient de faire embastiller plusieurs militants anticorruption, coupables de s’être associés à une plainte pour recels de détournements de fonds publics déposée par deux associtions internationales. Transparency International et Sherpa accusent trois chefs d’Etat - Bongo, mais aussi Sassou N’Guesso (Congo) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) d’avoir acquis en France, appartements, villas, immeubles ou encore voitures de luxe en pillant les ressources de leur pays…
La police interpelle des militants de la société civile et des journalistes
- 12/2008-01/2009
RFI - 31/12/2008
Au moins cinq militants de la société civile ont été interpellés par la police, mercredi matin dans la capitale gabonaise, selon des témoignages. L’un de ces militants est lié aux organisations Transparency International et Sherpa qui avaient déposé, début décembre à Paris, des plaintes portant sur « les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France » par trois présidents africains, dont celui du Gabon, et leur entourage. Depuis le 22 décembre, ces deux organisations sont visées par une plainte déposée par la Fondation Omar Bongo Ondimba.
Selon l’organisation des Acteurs libres de la société civile gabonaise, il y a aurait parmi les interpellés Marc Ona, coordinateur au Gabon de la coalition « Publiez ce que vous payez », et Grégory Ngwa Mintsa, un fonctionnaire qui avait porté plainte dans l’affaire des biens mal acquis de plusieurs chefs d’Etat africains, dont Omar Bongo du Gabon, Denis Sassou Nguesso du Congo et Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale.
Selon la plateforme des Acteurs libres de la société civile gabonaise, ils seraient au moins cinq militants à avoir été interpellés. Parmi eux, des personnalités comme Marc Ona, coordinateur local de la coalition « Publiez ce que vous payez ». Ses bureaux auraient été saccagés et des ordinateurs saisis. Autres personnalités interpellées : Georges Mpaga et le directeur technique de Radio Sainte-Marie Gaston Asséko.
Un autre Gabonais a aussi fait les frais de cette opération menée mercredi matin : Grégory Ngwa Mintsa. Ce fonctionnaire s’était porté partie civile dans l’affaire des biens mal acquis de plusieurs chefs d’Etat africains dont celui du Gabon. Malgré les pressions, il avait décidé de maintenir sa plainte aux côtés des organisations Transparency International France et Sherpa. Est-ce pour cela qu’il a été interpellé aujourd’hui ? Ce qu’on sait c’est que, le 22 décembre dernier, la Fondation Omar Bongo Ondimba pour la paix a déposé plainte pour diffamation à Libreville contre les deux organisations auxquelles Grégory Ngwa Mintsa s’est associé.
Contactées par RFI mercredi matin, les autorités de Libreville confirment que « plusieurs personnes sont entendues dans le cadre d’une enquête ouverte par le procureur de la République ». Mais on ne sait pas pour l’instant sur quoi porte cette enquête, ni ce qu’on reproche donc à ces citoyens gabonais. Il faut ajouter que ce mardi deux journalistes qui avaient assisté à une réunion de Transparency International à Libreville ont été aussi interpellés. L’un d’eux a été libéré mais le second, rédacteur en chef du journal Tendance, était toujours en garde à vue mercredi matin.
Source : http://rfi.fr/actufr/articles/108/a...
La répression s’abat sur des journalistes et des responsables d’ONG
Afrik.com - Pierre Eric Mbog Batassi - 05/01/2009
Ils seraient gardés à vue pour avoir critiqué le président Omar Bongo Deux journalistes de la presse privée gabonaise, Gaston Asseko et Léon Dieudonné Koungou, ont été arrêtés, mardi dernier, puis gardés à vue dans les locaux de la police judiciaire (PJ), à Libreville. Ils sont détenus avec d’autres acteurs de la société civile qui critiquaient le pouvoir du président Omar Bongo.
Le journaliste et directeur technique à Radio Sainte-Marie, Gaston Asseko, et Léon Dieudonné Koungou, du journal Tendance Gabon, ont été arrêtés après avoir été convoqués au B2 (2ème Bureau des services de renseignements de l’armée gabonaise), a confié l’équipe rédactionnelle de Radio Sainte-Marie à l’Agence gabonaise de presse (AGP). ’’Depuis mardi, les services de sécurité et des renseignements les ont embarqués pour le B2, avant de les conduire à la PJ’’, a affirmé un journaliste de la radio qui a requis l’anonymat.
Ils sont détenus dans les locaux de la PJ où se trouvent des acteurs de la société civile. Parmi eux, Marc Ona Essangui, coordonnateur au Gabon de la coalition “Publiez ce que vous payez” (PCQVP) qui milite pour une gestion transparente des revenus pétroliers, et Georges Mpaga, président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG), affirme l’équipe de la rédaction du journal Tendance Gabon.
Une lettre ouverte incendiaire
Les deux rédactions lient cependant cette arrestation à leur participation à une réunion préparatoire sur la présentation d’un livre écrit par un Gabonais résidant en France, contre le président Omar Bongo Ondimba et à qui il a adressé une lettre ouverte dont la copie est parvenue à l’AGP vendredi.
“Pour l’honneur du peuple gabonais, pour l’histoire et les générations à venir, les acteurs libres de la société civile gabonaise ont choisi de vous tenir un discours de vérité sur l’immense gâchis de ces quarante années que vous venez de passer à la tête de notre pays’’, écrit Bruno Ben-Moubamba, journaliste et membre de la société civile gabonaise.
Dès l’arrestation de ces deux journalistes, M. Ben-Moubamba, journaliste français d’origine gabonaise actuellement recherché par les services des renseignements gabonais, est reparti par ’’vol spécial’’ en France où il vit depuis plusieurs années.
’’Nous ne pouvons pas rendre visite à notre collègue car nous craignons nous aussi pour notre vie’’, a ajouté le journaliste de la radio catholique qui souhaite rester anonyme pour des raisons de sécurité.
Source : http://www.afrik.com/article16028.html
Un responsable d’ONG dénonce la "répression" contre la société civile
AFP - 05/01/2009
Bruno Ben Moubamba, responsable en Europe d’un réseau d’ONG gabonaises, a dénoncé lundi dans une lettre au Parlement européen une campagne de “répression” contre la société civile au Gabon, après l’interpellation le 31 décembre de plusieurs leaders d’ONG, toujours détenus.
“La répression vient encore une fois de s’abattre sur la société civile gabonaise (…). Aucun mandat d’arrêt n’a été émis et ces arrestations sont donc totalement illégales”, écrit M. Ben Moubamba, porte-parole en Europe d’Acteurs libres de la société civile gabonaise.
Il proteste contre les interpellations de Marc Ona Essangui et Georges Mpaga, figures de la société civile, et de Gregory Ngbwa Mintsa, un Gabonais associé à une plainte d’ONG françaises portant sur “les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France” par les présidents gabonais, congolais et équato-guinéen.
MM. Ona, Mpaga et Ngbwa Mintsa sont, depuis, à la police judiciaire de Libreville. Deux journalistes de la radio Sainte-Marie et du bimensuel Tendance Gabon (médias privés), interpellés le 30 décembre, sont également à la PJ.
Les bureaux communs des ONG dirigées par MM. Ona et Mpaga “ont été violemment saccagés et les ordinateurs volés (…)”, ajoute Bruno Ben Moubamba, appelant “la France et l’Europe” à intervenir auprès du pouvoir dans cette affaire “pour éviter une crise majeure au Gabon”.
La semaine dernière, le ministre gabonais de l’Intérieur André Mba Obame avait expliqué à l’AFP que les interpellations entraient dans le cadre d’une enquête, “en cours”, lancée par le procureur de la République, pour des motifs non précisés.
Il a assuré que les autorités s’exprimeraient sur le dossier en temps opportun.
Source : http://www.lemonde.fr/web/depeches/...
Trois leaders de la société civile gabonaise sont détenus par la police
Le Monde - Philippe Bernard - 06/01/2009
Six figures de la société civile gabonaises, parmi lesquelles se trouve un signataire de la plainte déposée en France mettant en cause le patrimoine immobilier du président Omar Bongo Ondimba, ont été interpellées mardi 30 et mercredi 31 décembre 2008, à Libreville (Gabon).
Mardi 6 janvier au matin, trois d’entre eux demeuraient détenus par la police judiciaire pour des motifs qui n’ont pas été signifiés. Alors que la loi gabonaise fixe à 48 heures la durée de la garde à vue, le ministre de l’intérieur André Mba Obame a déclaré lundi à l’AFP que “les jours non ouvrables” incluant “le 1er janvier férié, le 2 chômé, le week-end des 3 et 4 janvier” ne sont “pas comptabilisés dans la garde à vue”. “La procédure est strictement respectée”, a affirmé le ministre, précisant que les personnes interpellées sont “des justiciables comme les autres” et que le Gabon n’est “pas une République bananière”.
Gregory Ngbwa Mintsa, Georges Mpaga et Marc Ona Essangui ont en commun de militer pour la transparence des revenus du pétrole et contre la pauvreté au Gabon. Le premier, fonctionnaire gabonais, est le seul ressortissant africain à avoir osé signer, avec l’ONG Transparency International, la plainte contre les “biens mal acquis”, déposée le 2 décembre à Paris, visant les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de Guinée équatoriale ainsi que leurs entourages pour “recel de détournement de fonds publics”.
“GESTION OCCULTE”
Georges Mpaga, lui, est président d’un Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon. Quant à Marc Ona Essangui, il coordonne la branche gabonaise du réseau international Publiez ce que vous payez. Des ONG comme le Secours catholique et Transparency International sont membres de cette coalition qui vise à rendre publiques les sommes versées pour l’accès à l’exploitation pétrolière. Trois autres personnes arrêtées, dont Gaston Asseko, directeur technique de Radio Sainte-Marie, appartenant à l’Eglise catholique, et Dieudonné Koungou, journaliste au bimensuel Tendance Gabon, ont été libérés.
Selon Marcel Libama, responsable d’une coalition “contre la pauvreté au Gabon”, “il ne fait aucun doute que ces arrestations ont pour objectif de mettre fin à la plainte contre les “biens mal acquis” et de faire taire tous les leaders de la société civile qui osent dénoncer la gestion occulte du budget de la nation”. L’avocat français Thierry Lévy doit se rendre à Libreville pour participer à la défense des interpellés.
Depuis son origine, en mars 2007, l’affaire des “biens mal acquis” exaspère le régime gabonais. La Fondation Omar Bongo Ondimba pour la paix a annoncé, le 13 décembre, son intention de poursuivre les auteurs de la plainte, persuadée que “cette cabale découle d’une conspiration savamment orchestrée par une organisation secrète, qui nourrit l’ambition de semer le doute (…) dans l’esprit du peuple gabonais”.
Source : http://www.lemonde.fr/archives/arti...
Le pouvoir gabonais intimide ses dénonciateurs
La Croix - LAURENT D’ERSU ET ANNE LEFÉBURE - 07/01/2008
Trois responsables d’ONG militant pour la transparence financière et un responsable d’une radio catholique restaient détenus hier à Libreville, en lien avec la plainte contre les « biens mal acquis » des présidents africains en France.
Est-il permis de demander des comptes au président du Gabon, Omar Bongo Ondimba ? Ceux qui ont osé le faire en paient le prix depuis une semaine. Le 31 décembre, Marc Ona Essangui, coordinateur gabonais de « Publiez ce que vous payez », une plate-forme internationale d’ONG qui s’intéresse à l’utilisation de l’argent issu des produits d’extractions comme le pétrole, a été arrêté par les autorités gabonaises. Sans motif officiellement connu à ce jour. Avec lui, Grégory Gbwa Mintsa, un Gabonais qui a porté plainte en France contre plusieurs chefs d’État africains, dont le président gabonais, pour détournement d’argent public, avec le soutien d’une autre coalition d’ONG luttant contre la corruption. Georges Mpaga, qui dirige le Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) a également été arrêté. En revanche, Alain Moupopa, président de l’ONG Afrique Horizon, a réussi à s’échapper. Le siège de ces ONG a été perquisitionné et du matériel informatique emporté.
La veille, deux journalistes avaient déjà été arrêtés : Gaston Asseko, directeur technique de la station catholique Radio SainteMarie, et Léon Dieudonné Kongou, du journal Tendance Gabon.
L’épouse de Marc Ona a pu rendre visite à son mari lundi, pour la première fois depuis le début de sa détention. Il semblait calme, mais a déjà été interrogé plusieurs heures durant. Georges Mpaga, le président du ROLBG, aurait subi des violences, selon un de ses proches.
Les autorités gabonaises semblent en vouloir à Bruno Ben Moubamba, ancien journaliste à Radio Sainte-Marie et porte-parole du réseau des « Acteurs libres de la société civile gabonaise ». Il est l’auteur d’une lettre ouverte à Omar Bongo publiée sur Internet (www.acteurslibres.org), dans laquelle il accuse le président d’avoir dilapidé les richesses du pays qu’il dirige depuis quarante et un ans. « Ces ressources, avec une population de moins de 1,5 million d’habitants, devraient garantir aux Gabonais un niveau de vie similaire à celui des pays du Golfe. Mais, à l’exception de l’extrême minorité qui vous entoure, les populations vivent comme des misérables », y écrit-il notamment. La police est allée rechercher Bruno Ben Moubamba jusque dans l’ancienne mission catholique de Sindara, à plus de sept heures de route de Libreville, où une association présidée par le journaliste entretient une école et un dispensaire. Prenant peur, une volontaire burkinabée qui gère le centre est allée se réfugier à l’archevêché de Libreville.
Neuf ONG, dont l’Acat France, Amnesty International France, le CCFD, la FIDH, le Secours catholique et Transparency International France, se sont associées pour dénoncer hier des arrestations « sans fondement légal » et « contraires à tous les engagements internationaux pris par le Gabon ». Interrogé lundi par l’Agence France-Presse, le ministre gabonais de l’intérieur, André Mba Obame, s’est refusé à dévoiler le motif des arrestations. « Je ne peux pas vous parler d’une enquête en cours, a-t-il déclaré. Elle a été ouverte par le procureur. » Les leaders d’ONG « sont des justiciables comme tout le monde », a-t-il affirmé.
C’est bien parce qu’il est lui-même l’objet d’une plainte à Paris, pour « recel de détournements de fonds publics », qu’Omar Bongo semble perdre son sang-froid. Transparency International et Sherpa souhaiteraient connaître « les conditions dans lesquelles un très important patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France » par lui-même et ses homologues Denis Sassou Nguesso (Congo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale). Classée sans suite en novembre dernier, une première plainte avait déclenché une enquête ayant permis d’établir qu’Omar Bongo et sa famille disposaient de 33 biens immobiliers dans l’Hexagone, dont un grand hôtel particulier près des Champs Élysées, acquis pour 18,8 millions d’euros en 2007. « Personne ne peut croire sérieusement que ces biens immobiliers ont pu être acquis par le seul fruit de salaires », expliquent les plaignants.
Âgé de 73 ans, Omar Bongo est une des figures les plus emblématiques de l’Afrique post-coloniale, apprécié des gouvernants français pour sa prodigalité et sa capacité d’influence en tant que « doyen » du continent. De récents problèmes de santé ont relancé la guerre pour sa succession, opposant notoirement son fils, Ali Bongo, ministre de la défense, et son gendre Paul Toungui, ministre des affaires étrangères. La nomination récente à la tête des corps d’armée de proches d’Ali Bongo laisse penser que ce dernier serait en position favorable. Quant aux Gabonais, qui voient leur espérance de vie plafonner à 54 ans et vivent pour le tiers d’entre eux sous le niveau de pauvreté, ils ont peu ressenti les effets des milliards de dollars tirés du sous-sol de leur pays. Dénonçant, dans ses vœux à la nation, les « lenteurs » et les « lourdeurs » de l’action gouvernementale, Omar Bongo a appelé ses concitoyens à « changer de mentalité et à se mettre résolument au service du Gabon ». Une injonction que le président gabonais refuse visiblement qu’on lui renvoie.
Des dizaines de biens immobiliers dans l’Hexagone, dont un grand hôtel particulier près des Champs-Élysées.
Les soutiens du président Bongo dénoncent une « cabale »
Le mouvement « Génération Omar Bongo Ondimba » a déposé lundi à l’ambassade de France à Libreville plus de 4 000 lettres en réponse, selon lui, aux « ignominies » dénigrant le président gabonais, visé par une plainte d’ONG françaises. « Nous ne pouvons présager des actions et réactions de nos compatriotes (…) si cette cabale perdure », a averti sa présidente. L’association, ainsi que la « Fondation Omar Bongo Ondimba pour la paix » ont porté plainte en diffamation à Libreville. Une plainte similaire en France avait été annoncée par Me Patrick Maisonneuve, avocat d’Omar Bongo. L’avocat n’était pas joignable hier pour préciser si cette plainte a été effectivement déposée.
Source : La Croix
