5 janvier 2010, 24 mars 2011

Cameroun : « Libérons Lapiro ! » et sans amende

Des musiciens se mobilisent en faveur d’un chanteur camerounais emprisonné

Mercredi 24 mars 2010, par Régis (Survie Paris) // Contre la françafrique !

24 mars 2011,

POUR LA LIBERATION PURE ET SIMPLE DE LAPIRO DE MBANGA

Lettre ouverte aux autorités camerounaises

ayant pouvoir sur l’Affaire Lapiro de Mbanga

Suite aux émeutes sociopolitiques de février-mars 2008 au Cameroun, qui ont causé la mort de plus de 150 personnes en moins d’une semaine, l’artiste camerounais LAMBO SANDJO Pierre Roger, plus connu sous le nom de LAPIRO de MBANGA a été arbitrairement, arrêté. Après un procès inique, il a été condamné le 24 septembre 2008 à 3 ans de prison ferme et à 280 millions de FCFA d’amende (env. 427.000 €) pour avoir soi-disant incité les jeunes aux émeutes et les avoir poussé à détruire des biens appartenant notamment à une société française implantée dans sa région.

En réalité, Lapiro de Mbanga a été arrêté à cause de sa chanson « Constitution constipée », qui invitait alors le président M. Paul Barthélemy Biya à renoncer à modifier la constitution pour pouvoir se représenter une fois encore, après 29 ans de règne, à l’élection présidentielle prévue en octobre 2011. M. Biya aura alors près de 80 ans. Le peuple camerounais ayant clairement exprimé le rejet de la modification constitutionnelle lors de ces émeutes, le régime de M. Biya a choisi de museler un homme dont il craint la capacité de mobilisation des couches populaires, notamment urbaines.

Malgré l’indignation et l’intervention de plusieurs organisations et personnalités du monde politique et de la société civile, tant nationales qu’internationales, cette injustice n’a pas été réparée par le régime dictatorial de M. Biya, conforté dans son ignominie par le silence complice du gouvernement français dont ce régime tire l’essentiel de ses soutiens.

Malgré la campagne initiée par l’association Free Muse auprès des autorités camerounaises, malgré la lettre ouverte du CODE, lors de la visite officielle de M. Biya en France en juillet 2009, à Mme Carla BRUNI-SARKOZY souvent présentée comme une artiste progressiste, aucune autorité camerounaise ni française n’a voulu se pencher sur ce déni caractérisé de justice et sur cette atteinte grossière aux droits de l’homme et aux principes élémentaires de la démocratie.

En avril 2011, la peine de prison injustement purgée par Lapiro de Mbanga arrivera à son terme. Cependant, la lourde amende à laquelle il a été condamné peut encore servir de prétexte au régime anti démocratique de M. Biya pour empêcher sa libération en cette année électorale cruciale.

Sachant d’une part que Lapiro de Mbanga n’est nullement responsable et encore moins coupable des dommages subis par les sociétés plaignantes, et sachant d’autre part que les sociétés françaises en Afrique et particulièrement au Cameroun font de faramineux bénéfices, il est totalement incongru et ignoble d’astreindre un citoyen camerounais, qui a déjà injustement purgé une peine inique, à payer encore à des entreprises françaises largement bénéficiaires, des dommages et intérêts et de surcroît d’un tel montant.

C’est pourquoi nous appelons les autorités camerounaises ayant ce pouvoir de libérer purement et simplement M. Lapiro de Mbanga, sans aucune condition, et d’annuler l’amende injuste qui lui a été infligée.

Nous interpellons plus précisément les autorités judiciaires en charge du dossier, ainsi que le ministre de l’injustice et le président du régime camerounais.

Nous souhaitons par ailleurs que la France ne s’interpose plus entre le peuple camerounais et le régime dictatorial et sanguinaire de Yaoundé. Vu les récents errements de sa diplomatie, il serait temps que la France s’assagisse et cesse enfin de supporter ses protégés chefs d’Etat - dictateurs d’Afrique francophone, qui commettent des bains de sang et des violations flagrantes des droits humains.

En espérant un dénouement rapide de cette injustice qui n’a que trop duré, à savoir la libération sans conditions de Lapiro de Mbanga et l’effacement de l’ignoble amende qui lui est infligée,

Nous appelons les politiques et la société civile camerounaise à rester mobilisés sur cette affaire qui fait partie des symboles de la lutte pour une véritable démocratie au Cameroun.

Pour le Collectif des Camerounais pour la Libération de Lapiro

SIGNATAIRES :

le CODE, Survie

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http://survie.org/francafrique/came...

Cameroun : « Libérons Lapiro ! »

Des musiciens se mobilisent en faveur d’un chanteur camerounais emprisonné

Agissez ! Signez la pétition !

http://mp3.mondomix.com/liberons-lapiro

Dès demain, vendredi 1er janvier 2010, sur le site de Mondomix, une compilation téléchargeable gratuitement sera offerte à tous les internautes qui signeront la pétition pour la libération du chanteur camerounais Lapiro de Mbanga. Une action soutenue par l’ACAT-France, le Comité de soutien de la diaspora camerounaise, Freemuse et Survie.

De son vrai nom, Pierre Roger Lambo Sandjo, Lapiro est un des chanteurs les plus populaires de son pays, actuellement incarcéré à Douala, au Cameroun, à l’issue d’un procès particulièrement inéquitable. Condamné à 3 ans de prison, assortis d’une amende de 200 millions de francs CFA, il lui est officiellement reproché d’être l’instigateur « des émeutes de la faim » qui ont éclaté à Mbanga en février 2008. La hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires ainsi qu’un facteur politique - le projet de modification constitutionnelle qui permet au président Paul Biya de se présenter pour un nouveau mandat alors qu’il est au pouvoir depuis 1982 – ont été les déclencheurs de ce soulèvement populaire au Cameroun.

Mais en réalité, ce que le pouvoir reproche à Lapiro, c’est une chanson intitulée “Constitution constipée”, qui évoque à mots couverts la fatigue de Paul Biya, aujourd’hui âgé de 76 ans. C’est donc la liberté d’expression du chanteur qui est remise en cause. Plusieurs musiciens ont donc manifesté leur solidarité et, avec le soutien de Mondomix, proposent cette compilation inédite.

Le 25 novembre dernier, le chanteur Lapiro a reçu un prix d’Oxfam Suisse, le « Freedom to create » qui récompense les artistes qui utilisent leur talent pour défendre la liberté d’expression et les droits de l’homme.

En février 2008, la sortie du rapport « Cameroun : Une répression sanglante à huis clos » par l’Observatoire national des droits de l’homme, en appui avec l’ACAT-France, dénonçait déjà les exactions et la violence des forces de sécurité camerounaise durant les « émeutes de la faim » qui ont causé la mort d’au moins 139 personnes. Aujourd’hui encore, aucune commission d’enquête n’a été constituée afin d’établir la vérité sur ces quatre journées de violences (du 25 au 29 février 2008) ni aucun élément des forces de sécurité n’a fait l’objet de sanctions ni de poursuites judiciaires.

Agissez ! Signez la pétition !

http://mp3.mondomix.com/liberons-lapiro

Et télécharger gratuitement la compilation « Libérons Lapiro » composée de titres inédits ou rares écrits par des différents artistes.

/// Contact presse : François Mauger / francois.mauger@neuf.fr / 06 63 65 17 64 ou Cécile Michiardi /cecile.michiardi@acatfrance.fr / 01 40 40 74 10

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La compilation « Libérons Lapiro »

01 - Apkass - Les rêves d’un père pour son fils (inédit - unreleased) 04mn 10s 02 - Jawarit - Ecoute 04mn 56s

03 - Jr Eakee - La nuit où ils sont venus (inédit - unreleased) 02mn 50s

04 - Meiway - Le chant des martyrs (feat. Lokua Kanza) 05mn 04s

05 - News flash #1 (inédit - unreleased) 00mn 18s 06 - Nibs Van Der Spuy - Homeward bound (inédit - unreleased) 03mn 47s

07 - El Kapel - Home (inédit - unreleased) 02mn 57s

08 - News flash #2 (inédit - unreleased) 00mn 14s

09 - Rasboras - Ta’alya ahi (Fedayi Pacha’s Freedom Mix) (inédit - unreleased) 04mn 42s

10 - Selector Matanzas - Free-d-homme (Eluard mix) (inédit - unreleased) 04mn 39s

11 - Lapiro de Mbanga - Constitution constipée 07mn 30s

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