C’est alors que les ennuis ont commencé :
– Tout d’abord une inspection de la Société Générale de Sécurité (qui aurait dû être faite au Havre) n’avait pas été réalisée. Nous avons donc eu à payer une amende de 150 € et des frais de 150 €. Sur ce point, nous sommes probablement fautifs du fait de notre manque de connaissance, mais la société Transco, chargée du transit, ne nous en a pas informés.
– Ensuite il nous a été signalé que les groupes étaient d’origine italienne (présence d’une notice en italien) et que par conséquent il y avait « fausse déclaration » de notre part ! Notre fournisseur Atem Energy a dû envoyer des justificatifs concernant le commerce au sein de l’Union Européenne. Les groupes étaient effectivement faits en Italie avec des pièces venues d’Espagne et vendus en France.
– Enfin les connaissements n’étaient pas parvenus à la société ASAT et cette dernière ne pouvait pas retirer les groupes auprès de Eculine. Il a alors fallu que Transco envoie en Chronopost ces derniers.

Les groupes ont été, après 2 mois et demi, sortis de la douane de Douala, mais les problèmes ne se sont pas arrêtés là. La société ASAT n’a pas eu l’air de vouloir faire le transport jusqu’à Bafou et M. Tetsuikoueu s’est fâché contre cette dernière. ASAT, via son président Moïse Talom, a refusé de faire le transport et a demandé que quelqu’un de Bafou vienne retirer les groupes.
La semaine suivante, quelqu’un est venu chercher les groupes en train et a pu les acheminer par voiture jusqu’à Bafou. Ce trajet a été pris en charge par ASAT, conformément à ce que nous avions réglé.
C’est donc le 20 août que les groupes sont arrivés au village de Bafou, après trois mois d’embûches et d’actes peu honnêtes.

Eh oui ! Des pots de vins ont été versés ; ce que nous n’avons appris que par la suite. M. Tetsuikoueu a fait le déplacement jusqu’à Douala et a versé 50 000 Frs CFA à la douane afin d’accélérer les choses. Nous avions fait appel à l’Ambassade de France à Douala, au Ministère des Affaires Étrangères, à la Mission Économique Française à Douala ainsi qu’à des français sur place, au sein des douanes camerounaises mais le pot de vin a dû être le plus efficace.

Malgré toutes ces péripéties, les groupes fonctionnent à ce jour à Bafou : l’un sert au centre de santé communautaire, le deuxième à l’école et le dernier pour la ferme avicole du GICAPBAF.

Le Groupe d’Initiative Commune des Agriculteurs Polyvalents de Bafou est une organisation regroupant la plupart des notables du village, jouant le rôle de conseil d’administration. Elle est représentée par son délégué, Fidèle Tetsuikoueu, qui est notre contact local. Nos échanges se font uniquement par fax ce qui ne facilite pas la tâche, d’autant que le fax le plus proche de Bafou se trouve à dix kilomètres…

Pour décrire la situation critique de Bafou et inciter l’aide gouvernementale, Fidèle Tetsuikoueu a rédigé un dossier intitulé “Raisons qui justifient la nécessité des petites et moyennes entreprises en milieu rural” que vous pouvez consulter en cliquant ici.

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