Une partie des ouvrages est disponible sur les tables de presse de Survie Paris Ile-de-France. Il s’agit des livres hors catalogue Survie intéressants sur des thématiques liées. http://survie.org/-Livres-brochures-cd-s-.html
Pour les films se référer plutôt à : http://survie-paris.org/espace-adherents/article/liste-de-films-pour-survie
Autres listes :
Survie Rhône http://survie.69.free.fr/Publications/publications.htm
A Grenoble, les Renseignements Généreux : http://www.les-renseignements-genereux.org/presentation
Base de données bibliographique RITIMO : http://www.ritimo.org/baseriti/interro/index.php
A. Françafrique et les pays africains
Bande dessinée Sur la Françafrique sortie en 2011 :
Petite Histoire des colonies françaises, tome 4, « La Françafrique »
Grégory Jarry et Otto T, Editions Flblb, Poitiers, 2011, 128 pages, 13 euros.
http://www.flblb.com/Petite-histoir...
http://www.monde-diplomatique.fr/20...
" A la parution du premier tome de ce désopilant « essai graphique » qui retrace l’histoire de la colonisation française, en 2006, les auteurs, facétieux, avaient prévenu : « Petite Histoire des colonies françaises passe en revue cinq siècles de colonisation en rentrant bien dans les détails pour qu’on ne loupe pas un seul aspect positif. [C’]est un livre sain, qui remet bien les choses à leur place. En plus, il est distrayant et conviendra bien aux enfants, généralement mal renseignés sur ces questions. » Cinq ans plus tard, le résultat est là : quatre tomes — et plus de cinq cents pages — d’ironie cinglante et de coups de crayon ravageurs qui réduisent en poussière les supposés « bienfaits » de l’« œuvre coloniale ». Confiant la narration à un Charles de Gaulle étonnamment barbichu, puis à un François Mitterrand tout aussi mal rasé, Grégory Jarry (texte) et Otto T. (dessin) ne négligent aucun épisode de cette « glorieuse » épopée. Depuis la décimation des Indiens d’Amérique, au XVIe siècle, jusqu’à l’instauration d’un vicieux système néocolonial en Afrique, au XXe, en passant par la conquête de l’Algérie, la soumission des « indigènes » ou les quantités de sang versées pour freiner la décolonisation, tout est raconté sur un ton badin et décalé. Les grincheux relèveront sans doute quelques approximations. C’est la loi du genre. Mais l’objectif de cette série, aussi décapante que documentée, n’est pas de se substituer aux manuels scolaires défaillants. Il s’agit plutôt d’arracher par l’humour quelques couches de cette culture coloniale entretenue par les mystifications officielles." Thomas Deltombe, Journaliste.
Sur les élections en Afrique Centrale (RDC, Rwanda, Burundi, Congo-B, Centrafrique, Tchad)
Elections et médias en Afrique centrale. Voie des urnes, voix de la paix ?
Marie-Soleil Frère
Avril 2010, Karthala - Institut Panos, Paris, 2010, 349 pages, 28 euros.
Dans six pays d’Afrique centrale, ont été organisées, au cours de la dernière décennie, des élections pluralistes censées marquer l’aboutissement d’un processus de paix, après un conflit armé. Ces élections "pas comme les autres" se sont déployées avec l’appui (et parfois sous haute surveillance) de la communauté internationale, mais aussi sous l’oeil attentif et parfois engagé de médias locaux diversifiés. Quel rôle ont joué les médias dans ces élections particulières qui se sont déroulées au Burundi (2005), en République centrafricaine (2005), en République du Congo (2002 et 2007)n eb République démocratique du Congo (2006), au Rwanda (2003 et 2008) et au Tchad (2001 et 2006) ? Ont-ils été à même d’exercer les missions qui leur sont traditionnellement dévolues lors des scrutins ? Quelles sont les difficultés particulières auxquelles ils ont été confrontés ?
Juxtaposant les expériences et les témoignages de dizaines de journalistes de ces six pays, ce livre montre comment les médias ont tâché de couvrir les différentes phases du processus électoral, de la période préparatoire à la proclamation des résultats définitifs, en passant par les semaines de campagne et le jour de scrutin. A travers la description des pressions politiques, des problèmes matériels et techniques, des contraintes contextuelles, mais aussi de la solidarité porofessionnelle des journalistes, de leur courage et de leur inventivité, l’ouvrage dresse un portrait de l’ensemble du secteur médiatique en Afrique centrale. Bien plus, il montre combien ces parcours particuliers ramènent à des questions fondamentales sur le rôle crucial, incontournable, et pourtant fragile, des médias dans un système démocratique.
« Durant des années, l’Institut Panos a chargé Marie-Soleil Frère, de l’Université libre de Bruxelles, de sillonner l’Afrique centrale pour former des journalistes. Cette riche expérience donne à son livre un ton qui tranche avec beaucoup de publications académiques : l’auteure connaît tous les acteurs et décrit avec précision les contextes politiques. C’est ce qui autorise l’audace de son pari : comparer le rôle joué par la presse au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine, en République du Congo, au Rwanda et au Tchad. Une vaste description générale évoque, avec une grande clarté, les élections les plus récentes dans ces pays. Frère énumère alors les obstacles rencontrés par la presse : lorsqu’ils ne bénéficient pas d’un financement international, à l’instar de Radio Okapi en RDC ou de Radio Ndeke Luka en Centrafrique, les médias ont-ils les moyens de jouer leur rôle ? Viennent ensuite les accointances avec le pouvoir politique, la faiblesse des instances de régulation, la disproportion des moyens dont disposent les candidats... Avec le mensuel Tchad et Culture, l’auteure conclut pourtant : « Mieux vaut habituer les populations d’Afrique centrale à des mots libres, diversifiés et contradictoires, même s’ils sont parfois maladroits, excessifs ou vendus, plutôt qu’à des mots d’ordre tous uniformes, voire tous en uniforme. » » Colette Braeckman dans le Monde Diplomatique
Sur la dictature au Cameroun
Au Cameroun de Paul Biya
Fanny Pigeaud,
Paru le 6 août 201, Editeur Karthala, Collection Les terrains du siècle, ISBN : 978-2-8111-0526-6, 272 pages
Lorsqu’il est arrivé en 1982 à la tête du Cameroun, pays riche en ressources naturelles et humaines, Paul Biya représentait pour ses concitoyens l’espoir d’une ère nouvelle, après 22 ans d’un régime extrêmement autoritaire. Le jeune président parlait de " Renouveau ", promettait la démocratie et la moralisation de l’économie, gangrenée par la corruption. Près de 30 ans plus tard, Paul Biya, 78 ans, occupe toujours le fauteuil présidentiel. Au moyen de campagnes de presse internationales, son gouvernement vante régulièrement la stabilité politique du Cameroun : contrairement à la plupart des Etats qui l’entourent, il n’a pas connu de coup de force au cours des dernières décennies. Mais de nombreux indices contredisent cette idée d’un pays sans histoires. Les plus flagrants sont ceux de 2008 : des centaines de jeunes ont manifesté pendant plusieurs jours contre la vie chère et un projet de modification de la Constitution donnant la possibilité à Paul Biya de briguer un nouveau mandat fin 2011. Cette situation quasi-insurrectionnelle a causé la mort de plusieurs dizaines de personnes, tuées par les forces de sécurité. Malgré ces évènements, la révision constitutionnelle a été adoptée, montrant un président crispé sur son pouvoir. Pourquoi les espoirs de 1982 ont-ils peu à peu laissé place au profond désarroi exprimé en 2008 ? Comment le pays est-il devenu l’un des plus corrompus du monde ? A quoi tient la longévité politique de Paul Biya ? A partir de faits et de témoignages, cette enquête décrit le cheminement du Cameroun sous sa présidence. Elle analyse le fonctionnement de son régime et les ressorts de sa durée, parmi lesquels figurent la manipulation des identités ethniques et le soutien de la France. Elle présente l’état de délabrement inquiétant de la société camerounaise après 30 années de " Renouveau " et tente de dresser des perspectives.
Sur le pillage de l’argent du pétrole dans le Golfe de Guinée :
Pillage a Huis clos Afrique, pillage à huis clos : Comment une poignée d’initiés siphonne le pétrole africain, de Xavier Harel
Ed. Fayard (12 octobre 2006)
Au Congo, au Gabon, au Nigeria, en Angola ou en Guinée équatoriale, on peine à découvrir à quoi a servi la manne pétrolière. Pauvreté, guerres civiles, maintien au pouvoir de régimes dictatoriaux, tel est le bilan peu glorieux de l’exploitation pétrolière en Afrique. La précieuse huile nourrit surtout une corruption débridée. Au Congo-Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso a mis en place une kyrielle de sociétés écrans qui lui ont permis de détourner des centaines de millions de dollars. Mais il bénéficie pour cela de l’" expertise " occidentale. Certaines entreprises françaises, et non des moindres, ainsi que de prestigieux cabinets d’avocats, ont mis leur savoir-faire au service de ce pillage à huis clos. Ne nous y trompons pas. La mobilisation des pays riches (G8) en faveur de l’Afrique ressemble surtout à une opération de communication. Le locataire de l’Elysée amuse la galerie avec sa taxe sur les billets d’avion mais il couve affectueusement une poignée de régimes kleptocrates. George W. Bush prétend s’attaquer aux "postes avancés de la tyrannie" mais il reçoit à la Maison-Blanche les pires dictateurs pourvu qu’ils aient quelques barils à offrir. Tony Blair bataille pour passer la dette du continent à l’ardoise magique mais il ferme les yeux sur le rôle des banques britanniques dans le recyclage de l’argent de la corruption. Il est temps de mettre fin au bal des hypocrites. Si Jacques, George et Tony se soucient réellement du continent, qu’ils contraignent leurs compagnies pétrolières à faire la lumière sur ce qu’elles versent aux Etats africains. La transparence reste le meilleur antidote contre la corruption. Xavier Harel est journaliste, spécialiste de l’Afrique et des questions pétrolières.
Pour en savoir plus sur la tragédie du Congo-Brazzaville :
Sassou Nguesso, l’irrésistible ascension d’un pion de la Françafrique, de la Fédération des Congolais de la Diaspora
Edition du code source (L’Harmattan)
« Le livre raconte l’histoire d’un pays riche de son sous-sol et pourtant l’un des plus pauvres du monde où on pille, on séquestre, on viole, on tue en toute impunité. Le moins qu’on puisse faire c’est de tenter de comprendre comment on a pu en arriver là »
A propos de l’affaire Borrel :
Un juge assassiné, d’Elisabeth Borrel et Bernard Nicolas
Edition Flammarion, 21 €
A l’aube du 19 octobre 1995, le cadavre d’un homme est découvert dans des rochers, à 80 km de Djibouti. Le corps en partie carbonisé est celui d’un magistrat français de 39 ans, coopérant depuis un an au ministère de la Justice djiboutien. Son nom : Bernard Borrel. Alors que le corps du juge est toujours à l’endroit où on l’a retrouvé, un télégramme part de l’ambassade de France à Djibouti vers le Quai d’Orsay à Paris : " Bernard Borrel s’est donné la mort ". Sa femme, Elisabeth, est informée du suicide de son mari. On lui promet une autopsie à Djibouti ; elle n’aura jamais lieu. Quand elle demande des documents médicaux, comme les radiographies du corps de Bernard, on lui annonce qu’ils ont disparu. Des amis, des parents tentent de la convaincre que le suicide ne tient pas. Elisabeth, elle-même magistrate, a du mal à admettre qu’on lui cache les vraies raisons de la disparition de son mari. Peu à peu pourtant, elle se rend à l’évidence : elle a été manipulée. Elle dépose finalement plainte pour assassinat en 1997, à Toulouse. Et là, tout commence. Ce livre est l’histoire engagée et passionnante, documents et révélations à l’appui, du long combat d’une femme contre une version fabriquée à la hâte, contre ta raison d’État et avec un seul objectif : la vérité. Elisabeth Borrel est magistrale. Elle signe ici son premier livre. Bernard Nicolas est journaliste. Il a longtemps travaillé à TF1 et, plus récemment, dans l’émission " 90 minutes " de Canal+.
Sur le franc CFA, pilier du néocolonialisme :
Monnaie, servitude et liberté, de joseph Tchundjang Pouemi
... A travers la dénonciation lucide et argumentée de la dictature monétaire exercée envers l’Afrique – forme pervertie de la colonisation qui ne veut pas dire son nom – par le monde occidental et ses organisations, FMI en tête, Joseph Tchundjang Pouemi nous offre une leçon de macroéconomie et d’économie monétaire. Il nous alerte : « Aujourd’hui, faute d’accorder aux questions monétaires l’attention qu’elles méritent, l’Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés des souffrances tout à fait gratuites. ». Les problèmes soulevés concernent en premier lieu l’Afrique, mais ils nous concernent aussi, à la fois parce que nous en sommes, par l’intermédiaire de nos dirigeants, d’une certaine manière les responsables, mais également parfois les victimes. Le grand mérite de l’auteur est de dévoiler de manière tout à fait compréhensible pour le profane, le fonctionnement réel de la monnaie – qu’il définit comme « une créance à vue sur le système bancaire » – et de montrer comment, la méconnaissance de ce fonctionnement, y compris chez les experts, est un frein puissant au développement de l’Afrique où l’ « on croit ou on fait croire que la banque prête de l’argent qu’elle a ou quelle importe d’ailleurs, ou qu’elle collecte d’on ne sait où (…) » Joseph Tchundjang Pouemi nous explique la monnaie, « bien vide » dont la création précède la production et qui se transforme en revenu, en « bien remplit ». Il nous donne sa conception du rôle de la banque centrale qui doit être indépendante « au sein du gouvernement et non à l’égard du gouvernement. ». Il nous parle aussi de ce qu’il appelle les techniques répressives comme l’autofinancement et il dénonce les discriminations dans l’allocation du crédit– « autre nom de la monnaie » – ou le mythe des théories du sous-développement. Il analyse le rôle des taux d’intérêts, et notamment le taux d’intérêt du marché monétaire qui est « un thermomètre qui permet de voir dans quelle mesure l’économie est convenablement alimentée en monnaie ». Il explique pourquoi l’inflation mondiale « c’est essentiellement (…)le refus par monnaie interposée d’un changement inéluctable (…) » ...
*
B. Génocide des Tutsis au Rwanda et implication de français
Une synthèse essentielle concernant Vichy, l’Arménie, l’Algérie, la Bosnie-Herzégovine, le Rwanda, le Soudan :
Des crimes contre l’humanité en République Française (1990-2002)
Textes réunis par Catherine Coquio, en collaboration avec Carol Guillaume
L’Harmattan, collection "Questions contemporaines", mars 2006, 404 pages, 32 €
On observe ici, sur près de quinze ans, les comportements de l’État français vis-à-vis des crimes de masse qui se sont déroulés en Europe et en Afrique, sur fond d’une montée en puissance du « devoir de mémoire » et de l’éthique « humanitaire ». Cette période a vu d’un côté la laborieuse digestion du passé vichyste, la reconnaissance litigieuse du génocide arménien, et le lent désenfouisse¬ment du passé colonial ; elle a vu, de l’autre, les menées de l’État français en ex-Yougoslavie, en Algérie, au Rwanda... Certains vont ainsi jusqu’à parler d’une tradition française de déni, voire de « complicité de génocide ». Qu’on veuille ou non aller jusque-là, il faut comprendre pourquoi, confronté à son histoire la plus sombre, et à celle des collectivités qu’il abrite, l’État français n’a pas craint de mener certaines guerres en mettant entre parenthèses la réalité du génocide. On veut comprendre ici les clivages qui font qu’un État peut se dire le berceau des Droits de l’homme et l’agent de leur mondialisation, tout en poursuivant parfois des politiques qui mènent au pire. Pourquoi le divorce entre la réalité et l’image de soi dans ce pays a-t-il atteint un tel degré ? Quelle part prend le mythe dans la représentation que se fait la République française de sa grandeur et de son histoire ?
Comprendre la théorie et les méthodes de la guerre révolutionnaire version française jusqu’au Rwanda
Une guerre noire de Gabriel Périès et de David Servenay, Enquête sur les origines du génocide rwandais.
La Découverte, collection : Cahiers libres, 20 pages, 25 €.
http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index.php?ean13=9782707149145
Au printemps 1994, au Rwanda, près d’un million de personnes ont été exterminées en quelques semaines. À un rythme trois fois plus élevé que le génocide des juifs d’Europe. Comment un tel crime de masse a-t-il été rendu possible ? Quelle est la responsabilité des grandes puissances occidentales et de la France, surtout, si proche des génocidaires ? Après quatre ans d’enquête, dans les archives du monde entier, sur le terrain, auprès des militaires français, rwandais et belges, à interroger diplomates et politiques, Gabriel Périès et David Servenay tentent de répondre à ces questions. À l’aide de témoignages inédits et de documents confidentiels, ils lèvent le voile sur l’une des origines secrètes du génocide rwandais : la doctrine française de la « guerre révolutionnaire ». Des opérations clandestines menées dans le « pré carré » au moment de la décolonisation, en passant par le trouble jeu du général De Gaulle, ils établissent la généalogie de ce qui fut pendant des décennies un véritable savoir-faire de l’armée française. Formalisé pendant la guerre d’Indochine et appliqué en Algérie, il a largement inspiré les dispositifs répressifs mis en place dans un grand nombre d’États africains… dont le Rwanda des années 1960. Et ce n’est pas le fruit du hasard si l’un des meilleurs élèves africains de la « guerre révolutionnaire » perpétra, plus de trois décennies plus tard, le dernier génocide du XXe siècle : hiérarchies politico-militaires parallèles, gardes présidentielles transformées en escadrons de la mort, action psychologique, quadrillage administratif et militaire des populations formèrent un système efficace susceptible de mobiliser toute une société au service du projet exterminateur de ses dirigeants. Cette histoire inconnue éclaire d’un jour nouveau la responsabilité de l’État français dans le génocide rwandais.
Pour approfondir sur la guerre révolutionnaire
Les escadrons de la mort, de Marie-Monique Robin
Editions La Découverte, 453 pages, livre de poche en 2008, 1ère édition sept 2004
Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l’Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à grande échelle les techniques de la « guerre sale » (rafles, torture, exécutions, escadrons de la mort…). C’est en enquêtant sur l’organisation transnationale dont s’étaient dotées ces dictatures — le fameux « Plan Condor » — que Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains. Dès la fin des années 1950, les méthodes de la « Bataille d’Alger » sont enseignées à l’École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s’installe une « mission militaire permanente française » constituée d’anciens d’Algérie. De même, en 1960, des experts français en lutte antisubversive, dont le général Paul Aussaresses, formeront les officiers américains aux techniques de la « guerre moderne », qu’ils applique-ront au Sud-Viêtnam. Des dessous encore méconnus des guerres françaises en Indochine et en Algérie, jusqu’à la collaboration politique secrète établie par le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing avec les dictatures de Pinochet et de Videla, ce livre — fruit d’une enquête de deux ans, en Amérique latine et en Europe — dévoile une page occulte de l’histoire de France, où se croisent aussi des anciens de l’OAS, des fascistes européens ou des « moines soldats » agissant pour le compte de l’organisation intégriste la Cité catholique…
Pour approfondir sur la Bosnie-Herzégovine et Srebenica
Justice et vérité pour la Bosnie-Herzégovine, de Andrée Michel
L’Harmattan 10.12.2001, 147 pages, 12,2€
La première partie de cet ouvrage retrace la chronologie de la guerre en Bosnie : l’enjeu n’était pas de prendre parti pour un peuple contre un autre, mais de s’opposer à une invasion fasciste dont la politique planifiée de terreur et de massacres répondait à la définition du génocide en droit international. La deuxième partie souligne la complicité écrasante de l’État français avec les envahisseurs, à partir des décisions du général français Morillon, prototype de la classe politique et militaire française…
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C. Dette, Biens Publics à l’Echelle Mondiale
Les livres du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde
Le CADTM publie régulièrement des livres et des brochures ou collabore à des projets d’autres organisations. Dans cette rubrique, vous trouverez une liste non exhaustive de ces ouvrages (publiés en français) ainsi que leur présentation. N’hésitez pas à les commander s’ils vous intéressent !
http://www.cadtm.org/article.php3?id_article=2270 http://www.cadtm.org/spip.php?rubrique26
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D. Esprit colonial, mémoire coloniale et racisme
Les Editions Homnisphères
21 rue Mademoiselle 75015 Paris 01 46 63 66 57, info@homnispheres.com Collection Latitudes Noires
http://homnispheres.info/rubrique.php3?id_rubrique=3
MONGO BETI PARLE, Testament d’un esprit rebelle, Entretiens avec Ambroise KOM, 320 pages, 18 € Dans les milieux littéraires, intellectuels et politiques africains, Mongo Beti (1932-2001) est entré dans l’histoire tant son écriture et ses opinions ont suscité et suscitent encore débats et controverses. Reconnu dès 1954 comme l’un des écrivains de langue française les plus importants, il fut cependant censuré à la fois en France et dans de nombreux pays africains pour ses dénonciations de toutes les formes de colonisation, du néocolonialisme, des dictatures et de la Françafrique. Polémiste redoutable, pamphlétaire infatigable, romancier renommé et travailleur acharné, il fut pendant plus de 30 ans un écrivain exilé. Par crainte légitime des pièges et persécutions dont il pouvait être l’objet, il avait instauré une distance entre lui et quiconque cherchait à l’approcher, ce qui n’a pas facilité le travail des chercheurs autour de son œuvre.MONGO BETI PARLE, recueil de discussions et d’entretiens avec Ambroise Kom, est le testament d’un intellectuel hors norme qui, par son engagement total en faveur de la liberté en Afrique en général et au Cameroun en particulier, a inspiré plusieurs générations de leaders. C’est aussi un ouvrage de réflexions d’un libre penseur, avec ses ambiguïtés, ses paradoxes mais également son attachement viscéral à l’Afrique, au Cameroun et à son coin de pays natal.
Autres livres de la Collection Latitudes Noires :
AFRICAINS SI VOUS PARLIEZ, Mongo BETI
DU CRIME D’ETRE "NOIR", Un milliard de "Noirs" dans une prison identitaire, Bassidiki COULIBALY
ESCLAVES NOIRS, MAITRES BLANCS, Quand la mémoire de l’opprimé s’oppose à la mémoire de l’oppresseur, COLLECTIF
MANIFESTE D’UNE NOUVELLE LITTERATURE AFRICAINE, Pour une écriture préemptive, Patrice NGANANG
OUSMANE SEMBENE, UNE CONSCIENCE AFRICAINE, Samba GADJIGO
Calendrier des crimes de la France outre-mer élaboré, de Jacques Morel
http://pagesperso-orange.fr/jacques.morel67/ccfo/crimcol/prolog.html
L’Esprit-Frappeur, 2001, 284p.
Ouvrage est disponible gratuitement sous forme de fichier PDF :
http://pagesperso-orange.fr/jacques.morel67/ccfo/
Discours sur le colonialisme, d’Aimé Césaire
Présence africaine, 1955, 2004, 92p.
Le Discours sur le colonialisme est un pamphlet anticolonialiste d’Aimé Césaire, paru aux éditions Réclame en 1950, puis à Présence africaine en 1955. L’auteur dénonce avec force la barbarie interne à la civilisation occidentale, qui trouva un exutoire en dehors de l’Europe, avec l’implantation coloniale. À des territoires européens de droits et de libertés, Césaire oppose des territoires extra-européens colonisés, soumis à l’oppression et à la haine, au racisme et au fascisme. À des pratiques démocratiques et policées en Europe, il oppose des actions violentes et criminelles commises dans les colonies. Ainsi, moins d’un an après le début de la guerre d’Algérie, il s’élève contre la torture infligée par l’armée française aux Algériens. Césaire critique violemment la position de la classe bourgeoise qu’il qualifie de décadente, car ne connaissant plus de limites dans le mal qu’elle commet au travers du système économique capitaliste. Œuvre d’un grand écrivain, marqué de l’habitude occidentale de l’autocritique, le Discours reste toujours d’actualité un demi-siècle après sa rédaction
Codes Noirs, de l’esclavage aux abolitions
Textes présentés par André Castaldo
Dalloz, 2006, 143p, , 2 €.
L’esclavage est caractérisé par le droit de propriété qu’un homme peut avoir sur un autre. Cette " chose " n’est plus une personne juridique. Mais n’a-t-il pas disparu ? Hélas non. Si l’esclavage pratiqué dans les anciennes possessions coloniales l’est, il survit toujours en quelques pays. Et il s’en faut de beaucoup que toutes les formes de dépendance qui portent atteinte à la liberté et à la dignité humaine se soient effacées. Du premier Code noir de 1685 aux dernières conventions internationales et à la loi du 21 mai 2001 s’exhale la grande misère humaine.
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E. Divers, Affaires en France
Affaires atomiques, de Dominique Lorentz
Les Arènes, 2001, 604p.
Dominique Lorentz est l’auteur de : Une Guerre (1997), Affaires atomiques (2001), Secret atomique (2002), Des sujets interdits (2007). Elle est également l’auteur de La République atomique (coproduction Arte, Les mercredis de l’Histoire, 2001), un documentaire sur les relations franco-iraniennes sous la Ve République, avec pour fil rouge la coopération nucléaire entre les deux pays. Elle a par ailleurs collaboré à un ouvrage d’Alexandre Adler, J’ai vu finir le monde ancien (Grasset, 2002). Avec Une guerre (1997), Dominique Lorentz a révélé l’enjeu nucléaire de l’affaire des otages français au Liban, ainsi que le rôle de la France, depuis les années 1960, par rapport à la volonté de l’Iran d’obtenir l’arme atomique. Affaires atomiques (2001), préfacé par Alexandre Adler, raconte l’histoire inédite de la prolifération nucléaire, et l’on y découvre que la dissémination des armes atomiques est le fruit d’une stratégie délibérée des grandes puissances visant à armer leurs alliés régionaux. Secret atomique (2002) se veut une recension de ses travaux sur le programme nucléaire iranien, et avec Des sujets interdits (2007), Dominique Lorentz raconte les dix années de sa vie d’écrivain, le blocus des éditeurs, le black-out de la presse, en passant par les pressions et intimidations dont elle a fait l’objet ; l’ouvrage s’achève par le récit de son recrutement, en qualité d’expert, à l’Etat-major des armées, pour une mission qui sera brutalement interrompue par une intervention des services de renseignement. Dominique Lorentz se distingue par une méthode de travail originale qui repose sur l’exploitation des seuls documents ouverts : accords officiellement conclus entre les Etats, discours, Mémoires... Toutes ses recherches ont été effectuées à la Bibliothèque nationale.
Les livres de Denis Robert
C’est un essai Pendant les affaires, les affaires continuent qui le fait connaître à un plus grand public au début de l’année 1996. Cette même année, Denis Robert réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève pour la création d’un espace judiciaire européen afin de lutter plus efficacement contre le crime financier. Cet appel fait l’objet d’un livre La justice ou le chaos, paru la même année. Suivront une dizaine de romans et autant d’essais, dont ses enquêtes récentes sur la multinationale de la finance Clearstream. Parallèlement à ces livres, Denis Robert a réalisé ou co-réalisé cinq documentaires pour le cinéma, d’abord, avec le cinéaste Philippe Harel, Journal intime des affaires en cours, 1998), pour la télévision ensuite : Le cahier (1999), Les dissimulateurs (2001), Histoire clandestine (2002), L’affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo (2003). Il a également publié cette même année 2006 un roman sur le football Le milieu du terrain objet de plusieurs procès, un livre enquête sur le corbeau de l’affaire Clearstream (Clearstream, l’enquête) qui sera, fait très rare, interdit à la vente et retiré des librairies pendant près d’un mois. Dans la foulée de l’Appel de Genève, il enquête sur la multinationale Clearstream alors inconnue du grand public. Il rencontre Ernest Backes, un des cadres ayant fondé cette chambre de compensation internationale mais aussi de nombreux témoins qui mettent en cause cette société aux pratiques douteuses. Pendant deux ans, Denis Robert mène l’enquête. Un ancien responsable informatique et vice président de la firme, Régis Hempel, explique qu’une partie de ses activités a consisté à effacer les traces de transactions sensibles. Trois mois avant la publication de son livre Révélation$, il envoie une série de lettres recommandées demandant des explications à la direction de Clearstream et aux banques mises en cause dans son livre. À sa sortie, en février 2001, Révélation$ fait l’effet d’une bombe, dénonçant Cedel International et Clearstream, accusée d’être l’une des plate-formes majeures de la dissimulation de transactions financières au niveau mondial, il co-réalise avec Pascal Lorent un film Les Dissimulateurs dans le cadre de 90 Minutes, l’émission d’enquête de Canal+. Les journalistes financiers sont incrédules ou hostiles, les autres hésitent, car Clearstream menace de procès en cascade. Le film rencontre un grand succès dans les réseaux altermondialistes. La mission parlementaire sur le blanchiment d’argent présidée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg se saisit des révélations et convoque les témoins qui tous confirment les dires de l’auteur. Sous la pression, une information judiciaire est ouverte au Luxembourg. Le PDG de Clearstream, le banquier suisse André Lussi, est mis à pied et Clearstream est racheté dans la foulée, et à bon prix, par le groupe allemand Deutsche Börse. La Deutsche Börse cherchait depuis très longtemps à racheter cette chambre de compensation, ce qui lui permettait de maîtriser les marchés européens de bout en bout. Notons qu’elle a largement indemnisé André Lussi mais qu’elle a maintenu les poursuites judiciaires contre Denis Robert (en embauchant l’avocat de Charlie Hebdo Richard Malka, entre autres). De ces développements, Denis Robert tire un second récit La Boîte noire, et un second film, toujours diffusé par Canal+, L’Affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo.
